EN MÉMOIRE DES DIX TOURNONNAIS

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EN MÉMOIRE DES DIX TOURNONNAIS

Le 27 août 1944, les colonnes allemandes en retraite remontent la vallée du Rhône et sont contraintes de franchir le Doux au port de Douce Plage puisque le pont suspendu reliant Tournon à St Jean de Muzols a été détruit par la résistance le 15 mai 1944.

Dans leur débâcle, vers 18h ils se trouvent face à face avec une traction avec à son bord des soldats américains du Commando Louise parachutés quelques jours plus tôt. Une fusillade s’ensuit à une centaine de mètres du café Chieze tenu par Armand Fayolle au lieu dit « les sablettes ». Les soldats américains parviennent à s’échapper en abandonnant leur véhicule. Au même moment au café, de nombreuses personnes ont trouvé refuge à l’étage ou tentent de s’enfuir : c’est le sauve qui peut. Les allemands arrivent très vite au niveau du café et abbattent d’une rafale d’arme automatique Lucien Roussillon alors qu’il prenait la fuite.

Les allemands débusquent les personnes cachées dans la remise hormis Michel Jourdan qui s’était blotti dans une excavation sous la mangeoire du cheval. Il regroupent les prisonniers avant de les faire monter dans un camion. Tout au long de la route, des cyclistes, des automobilistes seront faits prisonniers et seront sommés de monter dans le camion.

Le long convoi (prés de 200 soldats allemands) reprend la route et essuie des attaques aériennes à hauteur de St Jean de Muzols. Au lieu dit Port du Roure à Ozon, à une dizaine de mètres du monument commémoratif actuel, les captifs du café sont forcés de descendre du camion pendant qu’un peloton de soldats allemands prend position vers la route. Armand Fayolle se fait houspiller par un soldat et trébuche au moment où le tir est commandé. Indemne, il restera à demi-enseveli sous dix cadavres, parfaitement immobile. Ainsi périrent, lâchement exécutés : Emile Nuel, Fernand Margier, Roger Laboury, Gabriel Gailleton, Georges Paya, Frédéric Gelibert, Clément Mollard, Henri Serret, Charles Beal et Antonin Eynard.

L’unité régulière de l’armée allemande, qui a perpétré pillages et assassinats tout au long de sa retraite : le 4ème Luftwaffe Feld Corps sous le commandement du Général Petersen et notamment ses officiers et sous-officiers n’ont jamais été jugés pour leurs exactions qui auraient été qualifiées de crime de guerre devant un tribunal.

 


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